Emprise au sol, comment la calculer?

Surface de plancher, emprise au sol, SHON, SHOB, surface taxable… Mais qu’est ce c’est que toutes ces surfaces ? On s’y perd !

Je vais vous aider, dans ce blog, à vous y retrouver : aujourd’hui, l’emprise au sol.

Quand en avons nous besoin ?

L’emprise au sol vous sera utile pour savoir si votre projet est soumis à une demande de permis de construire ou une déclaration préalable de travaux. Elle sert également à savoir si vous devez avoir recours à un architecte ou non (seuil de recours à l’architecte = 150m² de surface de plancher ou d’emprise au sol).

Elle est toujours associée à l’emprise au sol.

Comment calculer l’emprise au sol?

L’emprise au sol correspond à l’ombre portée au sol lorsque le soleil est à la verticale de la construction.

Puisqu’elle comprend les débords et les surplombs, il faut donc prendre en compte, les prolongements extérieurs
de niveaux de la construction tels que les balcons, les loggias, les coursives.

Ne sont pas pris en compte :

– les éléments de modénature (ex : bandeaux, corniches, debords de toiture etc.) et les marquises, dans la mesure où ils sont
essentiellement destinés à l’embellissement des constructions

– les simples prolongements de toiture sans dispositif de soutien.

A l’inverse de la surface de plancher, l’emprise au sol comprend notamment :

– l’épaisseur des murs, non seulement intérieurs mais également extérieurs (matériaux isolants et revêtements
extérieurs inclus)

– les surfaces closes et couvertes aménagées pour le stationnement (garages)

– les constructions non totalement closes (ex auvents, abris de voiture…) soutenues par des poteaux ou des
supports intégrés à la façade (ex : corbeaux)

– les prolongements extérieurs des niveaux de la construction en saillie de la façade (ex, balcons, coursives, etc.)

– les rampes d’accès aux constructions

– les bassins de piscine

– les bassins de rétention maçonnés.

En fait, sont constitutives d’emprise au sol des constructions qui ne sont pas constitutives de surface de plancher.

– ainsi un abri extérieur couvert mais non clos n’est pas constitutif de surface de plancher, mais est pris en compte
dans le calcul de l’emprise au sol.

– les rampes d’accès extérieures n’entrent pas dans le calcul de la surface de plancher mais doivent être prises en
compte pour le calcul de l’emprise au sol.

Attention : la surface de plancher se calcule à partir du nu intérieur des murs alors que l’épaisseur des
murs est prise en compte pour le calcul de l’emprise au sol.

Maison en rez de chaussée : emprise au sol

Maison en rez de chaussée : surface de plancher
Maison à étage : Emprise au sol
Maison à étage : surface de plancher

Exemple de calcul d’emprise au sol

Pour bien comprendre, prenons l’exemple d’une maison avec un étage, un abri voiture, et une piscine. Les dimensions extérieures de la maison sont de 10m de longueur et 7m de profondeur. L’entrée est couverte par un auvent de 1.50 x 1m, soutenu par des poteaux. Accolé à la maison se trouve un abri pour deux voitures couvert d’un toit posé sur poteaux bois. Il mesure 6 m de long et 5m de large. Côté Sud de la maison on trouve une piscine de 4 x 7m et une terrasse sur terre-plein, de plain-pied avec le RDC, de 3 x 5m.

En premier lieu, calculons la surface construite au sol de laquelle nous déduirons certains éléments pour obtenir l’emprise au sol :

– maison : 11 x 7.5= 88m² (l’étage ne représente pas de surface au sol supplémentaire par rapport au RDC)

– porche d’entrée : 1.50 x 1 = 1.50m² (il est en saillie de la façade et est soutenu par des poteaux et donc représente une surface construite supplémentaire)

– abri voitures : 6 x 6 = 36m² (soutenu par des poteaux, il est dans le même cas que le porche)

– piscine : 4 x 7 = 28 m²

– terrasse : 3 x 5 = 15m² (c’est aussi une surface construite qui à une existence au sol)

Soit 88 + 1.50 + 36 + 28 + 15 = 144.50m².

Vérifions maintenant si tous ces éléments font partie de l’emprise au sol.

– la maison : bien-sûr, les 70m² de surface au sol de la maison, donc l’ensemble du rez-de-chaussée, sont considérés comme de l’emprise au sol.

– le porche d’entrée : comme nous l’avons vu dans la définition plus haut, les débords de toit ou autres auvents ou appentis supportés par des poteaux font partie de l’emprise au sol. Les 1.50m² couverts du porche sont donc comptabilisés dans l’emprise au sol.

– l’abri à voitures : il est dans la même configuration que le porche. Ses 30m² sont donc bien de l’emprise au sol.

– la piscine : comme mentionné dans la définition, les bassin de piscine rentre dans l’emprise au sol.

– la terrasse : sur terre-plein et de plain-pied avec le RDC, elle n’est pas surélevée et sa surface ne peut donc pas être projetée au sol. A ce titre, elle ne fait pas partie de l’emprise au sol.

Au final, nous avons donc une emprise au sol de  : 88 + 1.50 + 36 + 28 = 153.50m².

Variantes :

Si l’abri à voitures n’avait été qu’un simple emplacement au sol symbolisé par une dalle, par exemple, sans couverture, il n’aurait pas été considéré comme de l’emprise au sol.

De même, si le porche avait été une marquise non soutenue par des poteaux, il n’aurait été une surface à considérer en plus.

Par contre, si la terrasse avait été surélevée sur pilotis pour combler une différence de niveau entre le terrain et le RDC, ou si elle avait été couverte d’un toit supporté par des poteaux, elle serait entrée dans l’emprise au sol.

Enfin, si l’étage avait comporté un balcon, la surface de celui-ci aurait été ajoutée à l’emprise au sol.

Alors que la maison a une surface de plancher de 140m² (10.30m x 6.8m x 2 niveaux), on pourrait penser être dispensé du recours à l’architecte, mais l’emprise au sol le rend obligatoire.

Les choix architecturaux ont donc un réel impact sur l’emprise au sol définitive d’un projet de construction.

Plus d’informations

Source : Circulaire du 3 Février 2012 relative au respect des modalités de calcul de la surface de plancher des constructions définie par le livre I du code de l’urbanisme – http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2012/02/cir_34719.pdf

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